Définitions du trouble de l'attachement

Définition sommaire

Les troubles de l’attachement sont une affection mentale (*) qui peut survenir chez des enfants victimes d'une rupture du lien entre mère et enfant, trouvant son origine dans des événements traumatiques (ou vécus comme tels) de la toute petite enfance ou de l’enfance (avant l’âge de 4-5 ans), voire au cours de la vie in utero.

Tous les enfants souffrant de troubles de l’attachement mettent constamment à l’épreuve l'amour de leurs parents et les liens qu'ils ont avec eux, par un processus subtil d'exigences d'attentions, de manipulations, de mensonges, jusqu'à avoir avec eux des comportements agressifs et violents, surtout envers leur maman, mais parfois aussi envers eux-mêmes.

(*) DSM IV (313.89) (Diagnostic and Statistics Manual : Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et CIM 10 (F 94.1 / F 94.2) (Classification Internationale des Maladies)

Comportements caractéristiques

La liste (non exhaustive) présentée ci-dessous a été composée sur base de l'expérience de dizaines de parents d'enfants présentant une très grande peur de l'attachement. Précisons que les caractéristiques évoquées se rencontrent avec une intensité individuelle et propre à chaque enfant et peuvent s’exprimer de façon différente en fonction de son âge.

Nous insistons beaucoup sur le fait que ces comportements sont avant tout des signes de souffrance qui nécessitent une grande compréhension de la part des parents et des intervenants.

1. Les relations émotionnelles intimes (dans la famille).

Elles sont vécues par l’enfant comme menaçantes.

Ex :
  • il n’a pas de contact visuel ; il l’évite
  • il rejette les personnes les plus proches (parents, et surtout la mère)
  • il n’aime pas être tenu
  • il supporte rarement les contacts physiques, l'affection, l'intimité
  • il n’établit aucun contact ni relation profonde avec les parents ou les membres de la famille
  • il est toujours en manque de quelque chose, provoque continuellement le rejet
  • il évite le contact, ne fait confiance en personne
  • il se comporte à la maison comme s’il était à " l’hôtel "
    2. Le développement social

    L'enfant montre un visage autre au monde extérieur qu'à la maison.

    Ex :
  • il est “génial” pour observer, juger et manipuler les gens qui l’entourent
  • il est "l'ami de tout le monde", mais il n’entretient en réalité que des relations superficielles
  • il se comporte en dissimulateur : il s'adapte en apparence, mais est très craintif face à l’inconnu
  • il a toujours besoin d'attirer l'attention : il cache son malaise en se faisant remarquer
  • il cherche une position d'exception dans les groupes (famille, école, groupe social,…) comme chef ou comme victime
  • il n'est pas capable de ressentir de l'empathie pour les autres
  • il est victimisé par les autres, c'est-à-dire qu'il se met dans la situation d'être une victime
  • il a très peu le sens de l'humour

    Dans le jeu :
  • il peut être extrêmement indépendant et ne rien demander
  • il peut vouloir tout contrôler et ne pas accepter les ordres ou les suggestions des autres joueurs
  • il peut être agressif vis-à-vis de ses jouets
    3. Le développement de la conscience et la notion des normes.

    Le développement de la conscience et la notion des normes sont souvent perturbés.

    Ex :
  • l’enfant n'est pas sensible aux encouragements, punitions, récompenses et engagements
  • il manque de contrôle de ses impulsions
  • ses erreurs ne lui apprennent rien (il ne les reconnaît pas)
  • il dépasse toutes les limites
  • il n'a pas de sentiment de culpabilité, de responsabilité
  • il n’a pas de respect pour les autres
  • il n'a pas le sens du bien et du mal, d'où mensonges, vols, vandalisme...
  • il aime la violence, il se blesse facilement, il est attiré par la fréquentation de délinquants, les films violents, les films d'horreur
  • il a des réponses émotionnelles inappropriées (par exemple il rit quand il voit quelqu'un qu'on tue à la TV)
  • il est cruel envers les animaux
    4. Les problèmes scolaires spécifiques
    Ex :
  • la plupart du temps, l’enfant est intelligent, mais cela n'apparaît ni dans les résultats scolaires, ni dans les résultats des tests ;
  • il est peu doué en mathématiques et conceptualise mal ; il a des difficultés à concevoir l’abstrait et à avoir de la logique ;
  • les matières scolaires sont assimilées de façon fragmentaire, d'où un hiatus toujours plus grand au niveau des connaissances ;
  • il souffre d’un manque de concentration et d’attention ;
  • il ne tolère pas ou peu la frustration, ni les situations de stress (ex. : devoirs, examens) ;
  • il ne fait pas de planning, il n'a pas conscience du cours du temps (abstraction).

    Pour l'enfant, tous ces signes sont autant de façons, conscientes et surtout inconscientes, volontaires et involontaires, de signifier sa souffrance, de maintenir à distance les adultes les plus proches parce qu'il les considère comme dangereux ou menaçants.

    On peut comprendre que la vie de famille, avec un enfant qui présente de tels problèmes comportementaux, soit très difficile, voire impossible à vivre.

    Pour plus de détails sur le trouble de l'attachement, voir la Page Internationale

    Version du 14 février 2008.

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